Barbenheimer, c’était hier…
L’année dernière, tous les fans de cinéma ont été surpris par la sortie de deux films au beau milieu de l’été. Il ne s’agit pas de films quelconques, mais de deux blockbusters. Deux films qui, à première vue, ont peu de chose en commun: une poupée rose et un physicien qui s’apprête à changer le monde, c’est peu dire.

Politique

L’été dernier, un autre film s’est déroulé en Suisse: les partis suisses en pleine préparation à l’approche des élections! Le principal événement de la scène politique suisse, du grand cinéma! 6000 figurants se sont présentés, pour 246 rôles à pourvoir. Pas n’importe quels rôles, mais la tâche impliquant la plus lourde responsabilité de leur vie, prêter serment d’assurer le bien de la nation. La distribution des places dans les différentes commissions suscite la bagarre pour les rôles les plus prisés. Naturellement, la composition des deux commissions de santé, la CSSS-CN et la CSSS-CE, nous intéresse en particulier. Nous avons cru rêver lors des premiers débats: malgré toutes les résistances des assureurs et surtout des prestataires de soins, la CSSS-CE veut ressusciter l’avatar du système de santé, le réseau de soins coordonnés pour les fournisseurs de prestations indépendants.

«Enfants sans tabac»

Les activités promotionnelles telles que les stands de festivals, les hôtesses ou la remise d’échantillons aux adultes dans les lieux publics relèvent-elles de la publicité ou non? Les discussions au sein de la CSSS-CN étaient tellement scandaleuses que nous aurions pu nous épargner tous les efforts de l’initiative si la loi sur les produits du tabac était acceptée sous sa forme actuelle. Qu’ont juré les parlementaires? De protéger la population? Nos jeunes ne méritent-ils pas d’être protégés? Cela ne préoccupe nullement les personnes qui, normalement, défendent avec véhémence le respect des décisions populaires…

Relève

Avez-vous déjà entendu parler de la pénurie d’acteurs et d’actrices? Ils ont pu se permettre de faire grève pendant des mois, ce qui a réduit l’abondance de films et de séries à une quantité presque raisonnable. Personne n’étaient en manque, non? Comment font-ils? Ils nous vendent des illusions, mais avec tant d’habileté que nous parvenons à nous imaginer en faire partie. Attendez, n’est-ce pas ce que nous sommes en train de faire? Lorsque la SWIMSA fait part de la déception d’un grand nombre d’étudiantes et étudiants, de la désillusion ressentie lorsqu’ils se trouvent soudain en plein milieu de leur activité future, lorsqu’ils font soudain face à des patientes et patients et constatent l’ampleur du travail administratif qui va, à l’avenir, marquer leur quotidien professionnel, n’avons-nous pas fait trop de promesses?
Chez mfe, nous nous efforçons de montrer à la scène politique, aux administrations, aux assureurs, à la population ce qui est nécessaire pour développer des soins de premier recours de manière sûre, avec une qualité élevée et dans l’intérêt des patientes et patients. Nous pouvons uniquement le faire si l’ensemble des médecins de famille nous soutiennent. Si tous les membres des disciplines de la MIG et la pédiatrie sont à nos côtés. Tous les autres sont des profiteurs!

Barbie et Oppenheimer

Quel est le rapport avec les deux films? Barbie parvient à quitter son univers rose pour se rendre dans le monde réel, Oppenheimer à rester fidèle à lui-même dans des conditions éthiquement délicates. Tous deux suivent leur propre chemin. Pas seulement pour eux-mêmes.
Dr méd. Philippe Luchsinger Président mfe, Médecins de famille et de l'enfance Suisse
Sandra Hügli-Jost
Responsable communication, mfe – Médecins de
famille et de l’enfance Suisse
Secrétariat général
Effingerstrasse 2
CH-3011 Berne
sandra.huegli[at]medecinsdefamille.ch

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