Les Suisses élisent un nouveau Parlement

Les élections d’automne 2023

Actualités
Édition
2023/09
DOI:
https://doi.org/10.4414/phc-f.2023.10748
Prim Hosp Care Med Int Gen. 2023;23(09):264-265

Publié le 06.09.2023

Le 22 octobre, les Suisses éliront un nouveau Parlement. Un scrutin décisif pour les orientations politiques des quatre prochaines années. En tant qu’association professionnelle et politique des médecins de famille et de l’enfance, nous suivons de près ces élections, car ce Parlement sera amené à prendre des mesures de santé publique d’une grande importance et qui nous concernent au premier chef. Barèmes de soins, prévention, tabac et, bien sûr, pénurie de médecins de famille et de pédiatres: autant de questions qui vont beaucoup nous occuper dans les mois et années à venir. Sans oublier que d’autres sujets ne manqueront pas de s’inviter.
Nous vous proposons donc de courts entretiens avec «nos» candidats issus du corps médical. Notre association formule également des recommandations électorales non partisanes. Nous, médecins de famille et de l’enfance, avons besoin de parlementaires engagés au niveau fédéral et dans les cantons. La voix des professions médicales, et la nôtre en particulier, doit être relayée par une représentation directe au Parlement. Il est par ailleurs dans notre propre intérêt de connaître les membres du Parlement capables non seulement de parler de santé, mais aussi de déployer une véritable expertise.
Nous vous invitons donc à soutenir nos candidats. Tous nos vœux de succès aux médecins engagés en politique!

Bettina Balmer

Quelles sont vos priorités politiques?
La santé publique, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et la politique fiscale (imposition individuelle).
Avez-vous déjà mené une action en faveur de la santé publique dans le canton et, si oui, sur quels sujets?
J’ai pris une grande part dans la révision de la Loi de planification et de financement des hôpitaux, qui accorde davantage de marge de manœuvre aux médecins et encadre intelligemment le financement des hôpitaux. J’ai également abordé les sujets suivants dans mes interventions parlementaires: numérique et santé publique, cybersécurité dans les hôpitaux, numerus clausus dans les études médicales, formation générale et continue des médecins, santé et prévention, ainsi que développement durable et achats hospitaliers. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter ma page internet www.bettina-balmer.ch et celle du Conseil cantonal de Zurich https://www.kantonsrat.zh.ch/mitglieder/mitglied?id=40e90cedba0b4cc59189b60f918dc14d.
D’après vous, à quelles questions de santé publique le Parlement national devrait-il s’intéresser davantage?
Le sujet de la tarification (TARDOC) avance beaucoup trop lentement. La stratégie e-health et la sécurité de l’approvisionnement en médicaments posent également problème. Le numérique doit encore faire l’objet d’une stratégie nationale digne de ce nom. La sécurité de l’approvisionnement en médicaments est liée, d’une part, à la sécurité de la production et, d’autre part, à l’efficacité de la logistique, cette dernière devant d’urgence être examinée et améliorée au niveau national.
Comment le pouvoir politique peut-il et doit-il renforcer l’offre de soins de base et quels sont les meilleurs atouts pour cela?
Le renforcement des soins de base commence par la réforme du numerus clausus et des études médicales: nous avons besoin de davantage de places en études de santé (une intervention en ce sens est actuellement en suspens dans le canton de Zurich) et d’un ajustement de l’organisation du cursus médical. Barèmes de soins adéquats, réduction de la bureaucratie, fonctionnement des structures sur un mode démocratique: autant de questions essentielles pour les soins de santé primaires. Une solide offre de soins de base contribue à améliorer le bien-être de chacun d’entre nous, y compris grâce au renforcement des compétences de la population en matière de santé. In fine, une offre de soins de base efficace est le gage d’un système de santé non seulement meilleur, mais aussi plus abordable.
Quelle est votre «recette personnelle pour une Suisse en bonne santé»? Quels engagements souhaitez-vous prendre en particulier?
Ma «recette personnelle pour une Suisse en bonne santé», c’est une gouvernance de santé publique alliant cœur et raison: nous pouvons – et même, nous devons – financer un excellent système de santé, mais il faut veiller à un usage judicieux des deniers. Les patients ont besoin de lieux de prise en charge facilitée, mais ceux-ci ne doivent pas être sollicités de manière abusive pour de simples bobos. Nous avons besoin d’une solide offre de soins de base et d’une prévention efficace. Par ailleurs, soins intégrés et conditions de travail acceptables sont des mots d’ordre à prendre au sérieux.
mfe défend les intérêts politiques des médecins de famille et des pédiatres. Quels sont les plus grands défis politiques de la prochaine législature pour votre parti?
Pour le PLR, les plus grands défis résident non seulement dans le financement de soins de santé de base de haut niveau, mais aussi dans la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier de pédiatres et de médecins de famille, qui va en s’aggravant.
Pourquoi les lecteurs de PHC devraient-ils voter pour vous?
Si vous inscrivez deux fois mon nom sur votre bulletin de vote, je vous en serai reconnaissante: je promets de m’investir en faveur des soins médicaux de base et pour une Suisse en bonne santé. Je suis à votre disposition pour toute question ou suggestion à info@bettina-balmer.ch. Les médecins doivent être représentés au Conseil national. En cinquième position sur la liste, j’ai de bonnes chances d’être élue, ce dont je me réjouis!

Severin Lüscher

Quelles sont vos priorités politiques?
La santé et les affaires sociales, ainsi que les domaines en lien avec la santé, tels que l’environnement, l’éducation et les finances.
Avez-vous déjà mené une action en faveur de la santé publique dans le canton et, si oui, sur quels sujets?
Au sein du Parlement cantonal, j’ai mené le plan de sauvetage d’un grand hôpital cantonal menacé de faillite (mai 2023). J’ai défendu une initiative cantonale pour garantir l’approvisionnement en principes actifs, médicaments et dispositifs médicaux essentiels (initiative malheureusement rejetée au Conseil des États en 2022). Je suis à l’initiative d’autres interventions, pour la plupart mises en œuvre depuis 2022: norme pilote visant à promouvoir des modèles de soins innovants, financement de programmes de traitement intermédiaires en psychiatrie, mesures facilitant la prise en charge psychiatrique des enfants et adolescents.
D’après vous, à quelles questions de santé publique le Parlement national devrait-il s’intéresser davantage?
À toutes les réussites nées de l’initiative d’acteurs de terrain – par exemple les modèles de soins coordonnés existants et les énormes économies mesurées qu’ils engendrent. Dans le même temps, les conséquences désastreuses d’un excès de réglementation et de la folie des contrôles sont passées sous silence, et aucune incitation valable en faveur de l’efficacité et de la «médecine intelligente» n’est proposée.
Comment le pouvoir politique peut-il et doit-il améliorer les soins médicaux de base et quels sont les meilleurs atouts pour cela?
Les soins de santé primaires doivent être assurés de manière interprofessionnelle et «par le bas», avec moins de réglementation, un cadre pour la répartition des tâches et des compétences qui soit généreux et doté des ressources financières suffisantes. Il faudra soumettre au DFI/OFSP un train de mesures visant à réduire drastiquement les interventions dans le système aussi coûteuses qu’inutiles, pour sortir de l’obsession des coûts, pour récompenser les initiatives permettant de réelles économies et pour que, plutôt qu’être absorbé par la bureaucratie et l’administration, l’essentiel des dépenses de santé serve à soigner les patients.
Quelle est votre «recette personnelle pour une Suisse en bonne santé»? Quels engagements souhaitez-vous prendre en particulier?
L’éducation, la sensibilisation et l’information de la population, afin que la compétence en matière de santé progresse chez un large public et que la prévention fonctionne – de même que la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles pour les générations futures.
mfe défend les intérêts politiques des médecins de famille et des pédiatres. Quels sont les plus grands défis politiques de la prochaine législature pour votre parti?
Assurer, maintenir et, espérons-le, développer les soins médicaux de base avec un égal accès pour tous, des centres urbains à la périphérie. Sans oublier le réchauffement climatique et la crise de la biodiversité, deux immenses défis que nous devons aborder de manière résolue pour préserver notre santé.
Pourquoi les lecteurs de PHC devraient-ils voter pour vous?
Parvenu jusqu’ici, chacun pourra facilement répondre à cette question. Et, si tous les lecteurs de PHC du canton d’Argovie convainquent cinquante de leurs connaissances d’inscrire deux fois mon nom sur leur bulletin de vote (5a.15), cela suffira (peut-être).
Question bonus: À votre avis, qui devrait prendre la tête du DFI et donc être responsable de la santé publique au Conseil fédéral?
Un conseiller fédéral des Verts, bien sûr! Nous avons des candidats extrêmement compétents en matière de santé publique.

Dr. med. Bettina Balmer, candidate PLR au Conseil national, canton de Zurich, 1966

Je suis conseillère cantonale depuis 2015. Après avoir œuvré au sein de la Commission cantonale de surveillance de l’éducation et de la santé, je suis depuis plusieurs années membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé. Mon engagement politique est né il y a bientôt 10 ans, face au défi de concilier vie professionnelle et vie de famille, sujet qui m’anime également en tant que co-présidente des femmes du PLR du canton de Zurich. Je siège par ailleurs au conseil d’administration de la Société des médecins du canton de Zurich.
Après l’examen d’État, j’ai effectué ma formation post-graduée de spécialiste en chirurgie pédiatrique dans différents établissements, en Suisse et à l’étranger (Royaume-Uni et Canada). Actuellement, j’exerce à mi-temps comme médecin-chef au Service interdisciplinaire des urgences de l’Hôpital universitaire pour enfants de Zurich.
Mariée, je suis mère de trois enfants (25, 23 et 18 ans). Pour plus d’informations, consultez mon site www.bettina-balmer.ch

Dr. med. Severin Lüscher

60 ans, marié, deux enfants adultes (27, 30).
Je suis médecin de famille à Schöftland (AG) depuis 1999; depuis 2015 membre du Grand conseil du Canton d’Argovie (groupe Les Verts), où je me consacre notamment aux questions de santé publique; pour la législature actuelle (2021–2024), je suis président de la Commission santé et les affaires sociales; depuis 2019 membre du conseil d’administration de la maison de repos Sennhof de Vordemwald (AG); de 2008 à 2019, j’ai siégé au Conseil d’administration d’Argomed Ärzte AG (Lenzburg), qui dispose de réseaux médicaux dans les cantons d’Argovie, de Berne, de Lucerne, de Soleure et de Zoug; De 2015 à 2017 délégué de mfe Médecins de famille et de l’enfance Suisse au sein du Groupe de travail national en matière de démence, sous-projet 3.2, «Promotion de la coordination de prestations pour couvrir les besoins de soins individuels».
Contrebassiste et randonneur en montagne, j'aime laisser pousser les choses simplement dans le jardin et je me déplace en tout électrique depuis 2015.
Sandra Hügli-Jost
Chargée de communication
mfe – Médecins de famille et de l’enfance Suisse
Siège social
Effingerstrasse 2
CH-3011 Berne
sandra.huegli[at]hausaerzteschweiz.ch

Avec la fonction commentaires, nous proposons un espace pour un échange professionnel ouvert et critique. Celui-ci est ouvert à tous les abonné-e-s SHW Beta. Nous publions les commentaires tant qu’ils respectent nos lignes directrices.