The times, they are a-changing (Bob Dylan)

Editorial
Édition
2023/08
DOI:
https://doi.org/10.4414/phc-f.2023.10723
Prim Hosp Care Med Int Gen. 2023;23(08):225

Publié le 02.08.2023

Les plus âgés parmi les lectrices et lecteurs se souviennent peut-être de l’époque où l’ancien président de la SSMG Hansueli Späth et moi-même essayions de nous surpasser mutuellement dans nos éditoriaux du Primary Care en citant des titres de Bob Dylan.
La chronique de Martin Fey (pour la semaine de 80 heures) et la réplique du président de l’ASMAC Angelo Barrile (pour des modèles de travail partenariaux) m’ont désormais mis au défi de reprendre la plume pour un éditorial après des années.
Nous, les anciens, sommes en effet responsables de la misère actuelle dans le domaine de la médecine de famille:
Nous savions que la pénurie de médecins de famille allait arriver et nous l’avons répété à la moindre occasion aux représentant·e·s politiques – mais apparemment pas assez fort et pas assez souvent.
Nous avons massivement amélioré la situation des médecins de premier recours grâce à un article constitutionnel – mais apparemment pas de manière suffisamment attractive.
Nous avons transformé nos cabinets en centres médicaux ouverts au temps partiel – mais apparemment pas toujours aux bons endroits, la périphérie reste sur la touche.
Nous essayons, par le biais de l’assistanat au cabinet, de donner le goût de notre profession à la relève, heureusement plus nombreuse – mais apparemment pas de façon suffisamment convaincante.
Nous résolvons près de quatre-vingt-dix pour cent des problèmes de santé (et autres) de nos patientes et patients directement dans nos cabinets – mais cela ne suffit apparemment pas.
Nous restons dans nos cabinets au-delà de l’âge de la retraite, souvent aux dépens de nos partenaires – mais apparemment pas assez longtemps.
Marc Müller
Past-président et
membre honoraire mfe
Mais notre pire erreur est d’essayer désespérément, par notre persévérance, de maintenir en vie un système de santé qui s’effondrerait immédiatement si les 15 ou bientôt 20% de médecins de famille qui ont dépassé l’âge de la retraite cessaient de travailler.
Chers médecins de famille seniors: nous faisons obstacle au changement, c’est de notre faute si les soins de santé ambulatoires ne se renouvellent pas, parce que nous ne pouvons et ne voulons pas lâcher prise. Parce que nous n’avons pas confiance dans le fait que nos successeurs trouveront le moyen de reprendre et d’assurer les soins de santé de notre population avec un meilleur modèle de médecine de premier recours, adapté à leurs besoins – innovant, interprofessionnel, différent!
Lâchons prise: The times, they are a-changing!
Sandra Hügli-Jost
Chargée de communication
mfe Médecins de famille et de l’enfance Suisse
Secrétariat administratif
Effingerstrasse 2
CH-3011 Berne
Sandra.Huegli[at]hausaerzteschweiz.ch

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